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Core Web Vitals et PageSpeed : comprendre les mesures de Google

Google mesure l’expérience réelle des pages avec trois indicateurs publics, et publie les seuils qu’il considère comme bons. Comprendre ce qu’ils mesurent, d’où viennent les chiffres et ce qui les dégrade évite de courir après un score qui ne compte pas.

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Création de sites web

Un rapport PageSpeed Insights arrive un jour dans une boîte de réception, avec un score orange et une liste de recommandations en anglais. Il est souvent lu de travers : on retient le score, on ignore la partie qui compte, et l’on demande au prestataire de « passer au vert ». Cet article explique ce que Google mesure réellement, quels sont ses seuils, pourquoi la même page peut afficher deux verdicts différents, et par où l’on améliore les choses.

Que sont les Core Web Vitals ?

Trois mesures définies par Google en 2020 pour décrire l’expérience réelle d’une page : la vitesse d’affichage du contenu principal (LCP), la réactivité aux interactions (INP, qui a remplacé le FID en mars 2024) et la stabilité visuelle (CLS). Elles sont relevées sur les visites réelles des utilisateurs de Chrome.

Les Core Web Vitals, ou signaux web essentiels dans les documents en français, sont la partie de l’expérience d’une page que Google a choisi de mesurer et de rendre publique. L’idée est simple : plutôt que d’évaluer un site sur des critères techniques abstraits, mesurer ce que ressent une personne qui l’ouvre. Le contenu apparaît-il vite ? La page répond-elle quand on la touche ? Bouge-t-elle sous le doigt pendant qu’elle se charge ?

Les trois indicateurs ont évolué depuis 2020. Le plus notable est le remplacement, en mars 2024, du FID, qui ne mesurait que la première interaction, par l’INP, qui prend en compte toutes les interactions d’une visite. Un site qui avait de bons résultats sur l’ancien indicateur peut en avoir de mauvais sur le nouveau.

Que mesurent le LCP, l’INP et le CLS, et quels sont les seuils ?

Le LCP mesure le délai d’affichage du plus grand élément visible : bon en dessous de 2,5 secondes. L’INP mesure le délai de réponse aux interactions : bon en dessous de 200 millisecondes. Le CLS mesure les déplacements imprévus de la mise en page : bon en dessous de 0,1. Google retient la valeur du 75e percentile des visites.

Chaque indicateur a trois zones : bon, à améliorer, médiocre. Google ne regarde pas la moyenne mais le 75e percentile : une page est jugée bonne si trois visites sur quatre passent le seuil. C’est une exigence forte, qui pénalise les sites rapides sur un bon ordinateur et lents sur un téléphone ordinaire en 4G.

  • LCP, Largest Contentful Paint : le moment où le plus grand élément visible, souvent une image ou un titre, est affiché. Bon jusqu’à 2,5 secondes, médiocre au-delà de 4 secondes.
  • INP, Interaction to Next Paint : le délai entre une interaction, un toucher, un clic, une touche, et la mise à jour de l’écran qui en résulte. Bon jusqu’à 200 millisecondes, médiocre au-delà de 500.
  • CLS, Cumulative Layout Shift : la somme des déplacements inattendus des éléments pendant la vie de la page. Bon jusqu’à 0,1, médiocre au-delà de 0,25.
  • Le 75e percentile : la valeur en dessous de laquelle se trouvent trois visites sur quatre, mesurée séparément sur mobile et sur ordinateur.

D’où viennent les chiffres de PageSpeed Insights ?

De deux sources différentes, affichées l’une au-dessus de l’autre. En haut, les données de terrain du rapport d’expérience utilisateur de Chrome, collectées sur les visites réelles des 28 derniers jours. En bas, un test de laboratoire réalisé à l’instant par Lighthouse, sur un appareil simulé. Seules les premières comptent pour Google.

C’est la source de la plupart des malentendus. Le score sur cent qui s’affiche en gros vient de Lighthouse : un test unique, exécuté sur une machine de Google qui simule un téléphone de milieu de gamme et une connexion mobile. Il est utile pour diagnostiquer, parce qu’il liste ce qui ralentit la page ; il n’est pas ce que Google utilise pour évaluer un site, et il varie d’un lancement à l’autre.

Les données de terrain, issues du Chrome User Experience Report, sont ce qui compte. Elles décrivent ce qu’ont vécu les visiteurs réels sur les 28 derniers jours, sur leurs appareils et leurs connexions. Une page peut afficher un score de laboratoire médiocre et des données de terrain vertes, ou l’inverse. Quand un prestataire annonce un chiffre, demandez lequel des deux.

Les Core Web Vitals influencent-ils le classement ?

Oui, parmi de nombreux autres critères, depuis leur intégration au signal d’expérience de page en 2021. Google a toujours précisé que la pertinence du contenu prime. L’effet le plus net des Core Web Vitals n’est pas dans le classement mais dans le comportement des visiteurs, qui restent sur une page rapide et quittent une page lente.

Google a confirmé que ces mesures font partie des signaux de classement, en insistant sur le fait qu’une page lente au contenu excellent restera devant une page rapide au contenu faible. Il ne faut donc en attendre ni miracle ni catastrophe : c’est un critère parmi beaucoup, qui départage des pages comparables.

L’effet indirect est plus important. Un visiteur qui attend quatre secondes sur un téléphone ferme la page avant qu’elle n’apparaisse ; celui qui touche un bouton sans réaction touche ailleurs ; celui dont le texte saute pendant la lecture abandonne. Les demandes de contact et les ventes viennent des pages que l’on a pu utiliser. La Search Console consacre un rapport aux signaux web essentiels, qui regroupe les pages par état et indique celles à corriger.

Qu’est-ce qui dégrade le plus souvent ces mesures ?

Pour le LCP, une image principale trop lourde ou chargée tard, des polices bloquantes et un serveur lent. Pour l’INP, des scripts tiers et des traitements longs qui occupent le navigateur au moment du clic. Pour le CLS, des images sans dimensions, des polices qui changent la taille du texte et des bandeaux insérés après le chargement.

Les causes se répètent d’un site à l’autre, et la plupart tiennent à ce que la page charge sans en avoir besoin. Une image d’en-tête de plusieurs mégaoctets, des polices en quatre graisses, un outil de discussion, une vidéo en fond, une dizaine de scripts de mesure : chacun paraît anodin, leur somme fait une page lente.

  • LCP : image principale trop lourde, au mauvais format ou chargée après les scripts ; polices qui bloquent l’affichage ; réponse lente du serveur ; contenu principal construit par un script après le chargement.
  • INP : scripts tiers (mesure, publicité, discussion, réseaux sociaux) qui occupent le navigateur ; traitements longs au moment du clic ; animations coûteuses ; pages qui font trop de travail à l’ouverture.
  • CLS : images et vidéos sans largeur ni hauteur déclarées ; polices de substitution plus larges ou plus étroites que la police finale ; bandeaux, cookies et publicités insérés au-dessus du contenu après coup.

Comment améliorer et suivre ses Core Web Vitals ?

Mesurer sur le terrain avant de changer quoi que ce soit, corriger les causes dans l’ordre de leur poids, remesurer après 28 jours et surveiller le rapport de la Search Console. Un prestataire sérieux montre les données de terrain, pas seulement un score de laboratoire pris au meilleur moment.

Le premier geste est de savoir d’où l’on part : relever les trois indicateurs de terrain pour les pages qui comptent, sur mobile. Le deuxième est de lire le diagnostic de laboratoire pour identifier les causes, et de les traiter par ordre d’effet : l’image principale et les polices d’abord, les scripts tiers ensuite, les dimensions des médias enfin. Le troisième est d’attendre : les données de terrain couvrent 28 jours glissants, une correction met donc jusqu’à un mois à se voir entièrement.

Le quatrième est de surveiller. Un site se dégrade avec le temps : un script ajouté pour une campagne, une image envoyée sans redimensionnement, une extension installée. Le rapport de la Search Console prévient quand des pages passent dans la zone à améliorer. Enfin, méfiez-vous des scores : un 100 en laboratoire est facile à obtenir sur une page vide, et ne dit rien de ce que vivent vos visiteurs. Ce sont eux qu’il faut mesurer.

À retenir.

  • Trois mesures : LCP pour l’affichage, INP pour la réactivité, CLS pour la stabilité ; seuils 2,5 s, 200 ms, 0,1, au 75e percentile.
  • PageSpeed Insights montre deux choses : le terrain, qui compte, et le laboratoire, qui diagnostique.
  • Les Core Web Vitals pèsent sur le classement, parmi d’autres critères ; ils pèsent surtout sur les visiteurs.
  • Les causes sont presque toujours les mêmes : image principale, polices, scripts tiers, médias sans dimensions.
  • Mesurer avant, corriger par ordre d’effet, remesurer après 28 jours, surveiller ensuite.

Questions fréquentes

Un score PageSpeed de 100 garantit-il un bon référencement ?

Non. Le score sur cent est une mesure de laboratoire, prise sur une machine simulée, qui ne fait pas partie des signaux de Google. Ce qui compte est le passage des seuils sur les données de terrain, et avant tout la pertinence du contenu.

Pourquoi PageSpeed Insights n’affiche-t-il pas de données de terrain pour mon site ?

Parce que le site ne reçoit pas assez de visites d’utilisateurs de Chrome pour que le rapport d’expérience utilisateur publie des chiffres. Les données existent souvent au niveau de l’origine, c’est-à-dire du site entier, avant d’exister pour chaque page.

Faut-il regarder les mesures sur mobile ou sur ordinateur ?

Sur mobile d’abord. Google explore et évalue les sites avec un robot mobile, et la plupart des visites se font sur téléphone, où les appareils et les connexions sont plus lents. Une page bonne sur mobile est presque toujours bonne sur ordinateur.

Combien de temps faut-il pour qu’une amélioration apparaisse dans la Search Console ?

Jusqu’à 28 jours, la durée de la fenêtre glissante des données de terrain. Une correction déployée aujourd’hui commence à se voir en quelques jours et se voit entièrement au bout d’un mois, une fois les anciennes visites sorties de la fenêtre.

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