Digital Démarrer un projet

Journal

Les étapes de la création d’un site internet, de l’idée à la mise en ligne

Un site internet se construit dans un ordre précis, et chaque étape produit quelque chose que la suivante utilise. Connaître cet ordre permet de suivre un projet, de savoir ce que l’on vous demande et de repérer un prestataire qui saute des étapes.

Publié le
Lecture
8 min
Métier
Création de sites web

La plupart des projets de site internet qui dérapent le font pour la même raison : une étape sautée, dont le manque se découvre plus tard, quand il coûte cher de revenir en arrière. Des textes écrits après les maquettes, des redirections oubliées le jour de la bascule, un site livré sans que personne n’ait vérifié les formulaires. Cet article décrit les huit étapes d’un projet mené proprement, ce que chacune produit, et ce qu’elle attend de vous.

Par quoi commence un projet de site internet ?

Par le cadrage : à quoi le site doit servir, pour qui, et comment on saura qu’il a réussi. Cette étape produit un document court, une ou deux pages, qui fixe l’objectif, les pages attendues, les contraintes et le calendrier. Tout ce qui suit s’y réfère.

Le cadrage n’est pas une formalité, c’est la décision la plus structurante du projet. Il répond à trois questions : que doit faire le visiteur à la fin de sa visite (appeler, écrire, prendre rendez-vous, acheter), qui est ce visiteur, et quel chiffre dira dans six mois que le site fonctionne. Il liste aussi ce qui existe déjà et doit être conservé : un nom de domaine, des adresses de pages connues des moteurs, une charte graphique, des textes qui marchent.

Ce document est signé par les deux parties. Il sert d’arbitre pour toute la suite : quand une idée nouvelle apparaît en cours de route, on la confronte à l’objectif écrit. C’est aussi l’étape où le prestataire doit vous dire ce qu’il attend de vous, et quand.

Comment définir l’arborescence et le contenu de chaque page ?

En partant des questions que se posent vos visiteurs, pas de l’organigramme de l’entreprise. Chaque page reçoit un rôle, un titre, une intention de recherche et l’action attendue à la fin. Pour une entreprise de services, l’arborescence qui en sort tient souvent en une dizaine de pages.

L’arborescence est la liste des pages et la manière dont elles se relient. Une bonne méthode consiste à écrire, pour chaque page, la question à laquelle elle répond et la requête que taperait une personne pour la trouver. Une page qui ne répond à aucune question et qu’aucune recherche ne mène n’a pas de raison d’exister.

C’est à cette étape que se décident les adresses des pages, leur titre et leur place dans la navigation. Ces choix engagent le référencement pour des années : une adresse se change ensuite au prix d’une redirection. Une arborescence courte, avec des pages qui ont chacune un rôle net, vaut mieux qu’un site touffu où plusieurs pages disent la même chose.

Quand écrire les textes, avant ou après les maquettes ?

Avant. Une maquette dessinée sur du faux texte est une maquette qui sera refaite : la longueur réelle des titres, des paragraphes et des listes change la mise en page. Les textes, les photos réelles et les documents à télécharger doivent exister, au moins en brouillon, avant le premier dessin.

Le contenu est ce que le visiteur vient chercher ; la mise en page est là pour le servir. Inverser l’ordre produit des sites où le texte est écrit pour remplir des cases, avec des titres qui ne disent rien et des paragraphes calibrés pour la maquette plutôt que pour le lecteur.

Cette étape est souvent celle qui retarde les projets, parce qu’elle dépend de vous. Prévoyez du temps pour écrire ou faire écrire, rassembler des photos réelles de vos locaux, de votre équipe, de vos réalisations, et réunir les documents administratifs qui apparaissent sur le site : mentions légales, conditions, politique de confidentialité.

À quoi servent les maquettes, et que faut-il y regarder ?

À valider la hiérarchie, le ton et les parcours avant que le code n’existe. Regardez-les d’abord sur mobile, avec vos vrais textes, et vérifiez trois choses : comprend-on en cinq secondes ce que vous faites, trouve-t-on l’action attendue, et la page tient-elle sans effet décoratif inutile.

Les maquettes sont des dessins des pages, à l’échelle, avec les vrais contenus. Elles coûtent peu à modifier, alors qu’une page codée coûte cher à refaire. C’est donc le moment de discuter, de demander des variantes, de montrer les écrans à quelqu’un qui ne connaît pas votre entreprise et d’observer s’il comprend.

Regardez la version mobile en premier : c’est là que la majorité des visites ont lieu et c’est là que les compromis sont les plus visibles. Méfiez-vous des maquettes trop belles pour être vraies, avec des photos de banque d’images et des textes de trois mots. Ce que vous validez doit ressembler à ce qui sera mis en ligne.

Que se passe-t-il pendant le développement ?

Le prestataire transforme les maquettes en pages réelles, et c’est à cette étape que se construit ce qui ne se voit pas : la performance, l’accessibilité, le référencement technique et la sécurité. Vous devez disposer d’une adresse de prévisualisation pour suivre l’avancement page par page.

Le développement est la partie la plus longue et la moins visible du projet. Les pages prennent forme, mais l’essentiel du travail porte sur ce que le visiteur ne remarque que par son absence : un chargement rapide, une navigation possible au clavier, des balises correctes, des données structurées, une protection contre les attaques courantes. Ces qualités ne s’ajoutent pas à la fin ; elles se construisent avec le site.

Demandez une adresse de prévisualisation, protégée par un mot de passe, où les pages apparaissent au fur et à mesure. Elle permet de repérer tôt une erreur de contenu, et elle rend le calendrier vérifiable. Un prestataire qui ne montre rien avant la livraison vous demande de découvrir le site le jour où il est trop tard pour le changer.

Qu’est-ce que la recette d’un site ?

La vérification, avant la mise en ligne, que le site fait ce qui était prévu : contenus, formulaires, affichage sur plusieurs appareils, vitesse, accessibilité, balises de référencement, sécurité. Elle suit une liste écrite et se conclut par un procès-verbal signé, qui déclenche la mise en ligne.

La recette est le moment où vous et le prestataire passez chaque page au crible, selon une liste établie au cadrage. Elle prend du temps, et c’est normal : chaque défaut trouvé à ce stade est un défaut que vos visiteurs ne verront pas. Les corrections sont apportées, puis les points concernés sont revérifiés.

  • Contenus : chaque texte, chaque photo, chaque lien, sur chaque page, sans coquille ni lien mort.
  • Formulaires : envoi réel, message de confirmation, réception de la demande, comportement en cas d’erreur.
  • Affichage : sur un téléphone, une tablette et un ordinateur, dans plusieurs navigateurs.
  • Performance : mesures publiques sur mobile, comparées aux seuils de Google.
  • Accessibilité : navigation au clavier, lecteur d’écran, contrastes, textes alternatifs.
  • Référencement et sécurité : titres et descriptions, données structurées, plan du site, certificat, en-têtes de protection.

Comment se passe la mise en ligne ?

Par une liste de vérifications, pas par un bouton : nom de domaine pointé vers le nouvel hébergement, certificat de sécurité actif, redirections des anciennes adresses si un site existait, plan du site envoyé à la Search Console, formulaires testés en conditions réelles. Le jour se choisit en semaine, le matin.

La bascule elle-même dure quelques minutes ; sa préparation prend quelques jours. Si un site existait, chaque ancienne adresse doit rediriger de façon permanente vers la page qui la remplace, faute de quoi les positions acquises disparaissent. Le nom de domaine est modifié pour pointer vers le nouvel hébergement, et ce changement se propage en quelques heures.

Une fois le site en ligne, on vérifie qu’il répond bien à son adresse définitive, que le certificat de sécurité est actif, que les formulaires arrivent, que le plan du site est soumis à la Search Console et que rien ne bloque l’exploration par les moteurs. Choisir un matin de semaine laisse la journée pour réagir si quelque chose ne va pas.

Que faire après la mise en ligne ?

Mesurer, corriger, entretenir. Les premières semaines montrent ce que la recette ne pouvait pas voir : les pages réellement visitées, les demandes reçues, les erreurs d’exploration signalées par la Search Console. L’entretien, ensuite, dépend de la base technique choisie : de quelques heures par an à quelques heures par mois.

La mise en ligne est le début de la vie du site. Pendant le premier mois, la Search Console indique comment les moteurs découvrent les pages, quelles requêtes les affichent, et si des erreurs apparaissent. Les demandes reçues disent si les formulaires et les appels à l’action fonctionnent. C’est le moment d’ajuster un titre, une page, un parcours.

Ensuite vient l’entretien : mises à jour de sécurité, sauvegardes, renouvellement du domaine et du certificat, vérification régulière des mesures de performance. Sa charge dépend directement de ce qui a été choisi au cadrage. Un site construit avec peu de dépendances demande peu ; un site bâti sur des extensions demande une surveillance mensuelle. Dans les deux cas, quelqu’un doit en avoir la charge, et cela doit être écrit.

À retenir.

  • Le cadrage fixe l’objectif, le visiteur et la mesure de réussite, sur une ou deux pages signées.
  • L’arborescence part des questions des visiteurs ; chaque page a un rôle et une requête.
  • Les textes et les photos réelles existent avant les maquettes, pas après.
  • Les maquettes se jugent sur mobile, avec les vrais contenus.
  • La recette suit une liste écrite et se conclut par un procès-verbal.
  • La mise en ligne est une liste de vérifications ; le suivi commence le lendemain.

Questions fréquentes

Combien de temps prend la création d’un site internet ?

Il n’y a pas de durée standard : elle dépend du nombre de pages, du temps nécessaire pour produire les contenus et des fonctions à développer. Ce qu’il faut exiger est un calendrier écrit, étape par étape, qui indique ce que le prestataire attend de vous et à quelle date.

Que doit fournir le client pendant le projet ?

Les décisions du cadrage, les textes ou la matière pour les écrire, les photos réelles, les documents administratifs, l’accès au nom de domaine et aux comptes existants, puis du temps pour valider les maquettes et participer à la recette. Ces apports conditionnent le calendrier.

Peut-on ajouter des pages après la mise en ligne ?

Oui, si le site a été conçu avec des gabarits réutilisables : une nouvelle page de service ou un nouvel article reprend un modèle existant. Cette possibilité doit être prévue au cadrage, avec la façon dont les nouvelles pages seront ajoutées et par qui.

Faut-il un cahier des charges pour un petit site ?

Oui, même court. Une ou deux pages qui fixent l’objectif, la liste des pages, les contenus fournis, les exigences de performance et d’accessibilité, le calendrier et les coûts annuels suffisent, à condition d’être signées par les deux parties.

À lire ensuite

Refonte de site internet : les questions à poser avant de signer

· Création de sites web

Une refonte réussie se décide avant le premier dessin, dans les questions posées au prestataire. En voici huit, avec les réponses qui devraient vous rassurer et celles qui devraient vous alerter.

WordPress, Wix ou site sur mesure : lequel choisir, et pour quoi

· Création de sites web

Trois façons de construire un site coexistent, et chacune convient à quelqu’un. Ce qui les sépare n’est pas la qualité des pages, mais ce que vous payez, ce que vous possédez et ce que vous entretenez pendant les années qui suivent.

Core Web Vitals et PageSpeed : comprendre les mesures de Google

· Création de sites web

Google mesure l’expérience réelle des pages avec trois indicateurs publics, et publie les seuils qu’il considère comme bons. Comprendre ce qu’ils mesurent, d’où viennent les chiffres et ce qui les dégrade évite de courir après un score qui ne compte pas.

Toutes les questions auxquelles le journal répond, chacune avec sa réponse directe : la page des questions.

Et maintenant

Une question sur votre projet ?

Un premier échange suffit pour savoir si un projet de création de site web a du sens pour vous, et ce qu’il demanderait.